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Chez Sandrine, tout est finalement sculpture, depuis les premières grandes statues figuratives,    galbées et polies, des vierges émergées d’un bois de tilleul ou d’essingang au burin, les pains de terre désormais debout et entrepris dans la masse, et les blocs durs dont les noms font voyager : pierre du Bois-des-Lens, marbre de Carrare, albâtre du Brésil. Le voyage est d’ailleurs multiple. Déjà il se devine au cœur de la taille d’un matériau qui impose sa loi : irréversibilité des coups portés, savoir-faire qui doit toujours composer sans se soumettre, déploiement d’une certaine force. Il s’éprouve ensuite dans l’invitation à tourner autour de l’oeuvre finale, qui se révèle plurielle, et l’on se surprend à ne plus savoir quel abord on préfère. Enfin, il se trouve dans le déplacement du rendu de la surface. Le traitement de la céramique    ̶    dont le raku mais pas seulement    ̶    détermine à l’oeil et à la main rugosité, aspérités, craquèlements, quelques passages concédant de la brillance, et établit une correspondance avec l’aspect brut de la pierre primitive qu’on ne saura jamais. Puisque celle-ci ne manifeste plus que douceur mate et poudrée, velouté opalescent, plis et replis lisses en mouvements figés, même s’ils semblent prêts à s’animer. Au terme du voyage essentiel, celui de la création.

Dominique Lacotte 26/07/2020