Pour visualiser une oeuvre en plein écran, cliquez sur celle-ci
Ma recherche explore passages et dialogues entre sculpture et dessin au regard d’une plastique de la correction. Dans des va-et-vient entre dessins à la mine de plomb sur papier calque et sculptures végétales fragiles et éphémères, la ligne s’explore, se trace et se vit comme dans un espace dansé.
Dans un contexte de dérèglement climatique, la correction en tant qu’artiste consiste à sensibiliser par l‘émotion à la fragilité de ce monde vivant. Alerter donc, mais aussi témoigner d’un mouvement lisible dans le dessin même. La ligne se fait médiatrice de la pensée dessinante, marquant hésitation, affirmation ou suspension dans des changements de directions, des reprises et des repentirs. Ces corrections visibles contribuent à une approche de la vérité qu’il importe de laisser voir. La saisie s’expérimente comme relation à «un voir», une force de distribution contenue dans le visible. Elle revient à interroger l’acte de dessiner non plus en terme d’appropriation mais de participation. Dans ces rapports qui se cherchent, la forme ouverte, vivante offre une part d’imperfection. Elle affirme un état de précarité. Une dislocation résulte de cette réécriture de l’espace propre au geste d’inscription et engage ainsi une forme de transparence. Le papier calque comme hôte diffuse la lumière comme énergie agissante et contribue à cette quête de clarté.
Dans la sculpture d’assemblage, le recueil de végétaux est investi dans une mise en œuvre, une fonction d’écrin, qui incite à la considération et met en lumière des lieux d’ancrage originels : l’autel, la forêt. Depuis 2016 l’œuvre graphique et picturale s’autonomise, approfondissant les liens entre geste, trame, et construction par la lumière. Nourrie, armée par la sculpture, elle entrelace peu à peu des références à la peinture de paysage, à la cartographie ainsi qu’au dessin botanique et animalier.


